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Depuis la fin des années 1990, la HEA est utilisée pour:

  • les alertes précoces aux risques d'insécurité alimentaire aiguë
  • la planification d'urgence et le déclenchement d'une action rapide
  • la conception de programmes de protection sociale ou de filets de sécurité
  • la conception de programmes de soutien aux moyens de subsistance et de réduction de la pauvreté
  • l'évaluation urgente des besoins (HEA « rapide »)
  • l'évaluation des besoins dans les zones urbaines, les camps de réfugiés et les populations déplacées à l'intérieur de leur propre pays
  • la mesure de la résilience
  • le suivi et l'évaluation de projets.

Pour consulter des exemples des emplois décrits ci-dessous, voir Orientations et rapports HEA.

Alert précoce

  • La HEA a été créée comme outil d'alerte précoce aux risques de crise alimentaire.
  • Elle est appréciée parce qu'elle prend en compte l'accès des populations à la nourriture et à l'argent, non pas uniquement le montant de leur production et leur capacité d'adaptation.
  • Elle permet également de générer des estimations quantitatives de la nourriture ou de l'argent nécessaires pour atteindre des seuils particuliers, pour un certain nombre de personnes et un certain nombre de mois.
  • Elle utilise les données de suivi saisonnières des ministères de l'Agriculture et d'organismes de surveillance des marchés.
  • Elle peut être utilisée à grande ou à petite échelle.
  • En 2018, elle est employée dans les systèmes gouvernementaux d'alerte précoce en Afrique orientale, occidentale et australe et constitue un indicateur clé du cadre intégré de classification par phases (IPC), système international de classification de l'insécurité alimentaire, et du Cadre harmonisé de l'Afrique de l'Ouest.
  • Elle indique quels groupes, dans une population donnée, feront face à un déficit.

Planification d'urgence et action rapide

  • Dans les régions sujettes à des crises alimentaires à évolution lente, la HEA peut modéliser des scénarios futurs basés sur des prévisions et permettre de déclencher une action rapide.
  • L'action rapide ne répond pas à un besoin réel après la survenue d'un choc et le recours, par les ménages, à des stratégies d'adaptation néfastes, mais elle atténue l'impact prévu d'un choc.
  • Entre 2014 et 2017, SCUK a eu recours à la HEA pour déclencher une action rapide au Yémen, en Éthiopie et au Niger sous forme d'activités proactives et de type « sans regret ».

Programmes de protection sociale/filets de sécurité

  • Les données de la HEA sur les dépenses, collectées lors d'une évaluation de référence, peuvent aider à déterminer l'écart entre le niveau de vie actuel et le niveau de vie désiré.
  • Les seuils de « protection des moyens de subsistance » (les revenus minimums nécessaires aux ménages pour maintenir leurs moyens de subsistance) sont calculés à l'aide des données de référence sur les dépenses et utilisés dans l'analyse des résultats pour chiffrer la valeur des transferts.
  • Les seuils qui incorporent des niveaux internationaux spécifiques aux secteurs (pour l'eau, l'assainissement et l'hygiène, le logement, l'éducation, la santé, etc.) ou les cibles de dépenses pour les enfants peuvent également être utilisés.
  • La classification par groupes socio-économiques de la HEA facilite le ciblage, car elle fournit des critères définis localement, permettant de mettre en évidence les ménages les plus pauvres.
  • La HEA a été utilisée par SC pour mettre au point des filets de sécurité en Sierra Leone, à Maiduguri au Nigeria, au Kenya et au Myanmar.

Conception de programmes de soutien aux moyens de subsistance et de réduction de la pauvreté

  • Une évaluation de référence peut guider la sélection d'interventions, car elle constitue une forme d'analyse de la pauvreté au niveau des ménages.
  • Les données de référence permettent aux planificateurs de programmes d'éviter de sélectionner des interventions qui ne seraient pas bénéfiques aux ménages les plus pauvres.
  • La modélisation de la HEA peut indiquer les interventions qui auraient le plus grand impact et celles qui auraient un impact minime ou nul, voire même qui seraient nuisibles.

L'évaluation des besoins d'urgence (« HEA rapide »)

  • La HEA peut être utilisée dans les situations d'urgence pour déterminer si les ménages peuvent satisfaire leurs besoins alimentaires et de subsistance essentiels.
  • Elle est utilisée à cet effet lorsqu'une évaluation de référence complète n'est pas disponible.
  • Le cadre de cette évaluation est identique à celui d'une HEA complète : l'analyse se base sur une compréhension de la situation de référence (avant l'urgence), de l'effet d'un choc défini et de la réponse de la population.
  • Les principales différences entre une HEA rapide et une HEA complète sont les suivantes:
    • dans une HEA rapide, les informations de suivi, c'est-à-dire sur le choc, sont rassemblées au même moment que l'évaluation de référence
    • les méthodes de terrain doivent souvent être adaptées pour obtenir le plus d'informations possible dans des conditions difficiles
    • la quantité totale d'informations est moins importante que pour une HEA complète
    • la HEA rapide est dirigée par un ou deux praticiens de la HEA très expérimentés au sein d'une petite équipe, qui visitent généralement environ 5 villages au lieu de 8-12.
  • Les resultats d'une HEA rapide ne sont pas valables au-delà de l'année de l'évaluation.
  • Une « HEA rapide » a été utilisée au Népal après le tremblement de terre et aux Philippines après le typhon.

Évaluations urbaines

  • Généralement entreprises pour en savoir plus sur l'accroissement de la population urbaine, plus particulièrement sur les plus pauvres, ou pour déterminer les besoins et établir un mécanisme de suivi des moyens de subsistance suite à un conflit ou à un trouble.
  • La principale différence avec les zones rurales est la dépendance à l'égard des variations des prix du marché, et la vulnérabilité à ces variations.
  • Le travail occasionnel, le petit commerce et les petites entreprises sont les principales activités génératrices de revenus.
  • Les variations saisonnières sont moins évidentes et les risques sont moins prévisibles. La surveillance des moyens de subsistance urbains est donc souvent effectuée sur une base mensuelle, plutôt que lors d'une évaluation isolée une ou deux fois par an.
  • En raison de l'hétérogénéité des moyens de subsistance urbains, l'accent est placé sur les dépenses, car les familles pauvres ont tendance à dépenser les mêmes sommes sur les mêmes articles.

Ciblage géographique

  • Étant donné que la HEA convertit la nourriture et l'argent en monnaie commune (besoins minimums en énergie alimentaire), les revenus peuvent être comparés dans l'ensemble d'un pays et au fil du temps.
  • Les revenus de différentes zones peuvent être comparés aux paniers de dépenses minimums sectoriels pour savoir où le déficit est le plus important.
  • La HEA offre également une mesure de la sécurité des moyens de subsistance, que l'on appelle le score de protection des moyens de subsistance : c'est, essentiellement, la somme qu'il « reste » aux ménages, en plus de la somme totale nécessaire pour maintenir leurs moyens de subsistance (c'est-à-dire le seuil de protection des moyens de subsistance).
  • Cela est utile, car les familles aux revenus monétaires les plus élevés ne sont pas toujours celles qui disposent de la plus grande marge sur les coûts, les revenus plus élevés étant souvent associés à des coûts de maintien plus élevés.

Mesure de la résilience

  • Il est possible, avec l'analyse des revenus de la HEA, de modéliser l'impact des interventions prévues ou en cours sur la résilience des ménages, autrement dit de voir si les ménages peuvent se rétablir suffisamment après une crise, sans avoir recours à des stratégies d'adaptation néfastes.
  • L'analyse des résultats génère un « score de résilience » pour chaque groupe socio-économique : la proportion totale de revenu restant après un choc par rapport au seuil de protection des moyens de subsistance (c'est-à-dire le coût de maintenir ce moyen de subsistance). 
  • Avec l'analyse des résultats, il est possible de modéliser l'effet de différents projets sur le score de résilience afin de déterminer ce qui est le plus efficace pour augmenter les revenus jusqu'au seuil de protection des moyens de subsistance ou au-delà, après un choc local.
  • Le score de résilience de la HEA peut être comparé entre groupes socio-économiques et zones géographiques.
  • La modélisation de la résilience de la HEA peut également être utilisée dans une évaluation de l'impact, comme dans le cas de l'évaluation 2018 des transferts monétaires au Malawi, effectués par les ONG internationales. La HEA a permis d'estimer la capacité de relèvement des ménages très pauvres et de déterminer leur besoin d'assistance l'année suivante.

Suivi et évaluation des projets

  • Les enquêtes de référence de la HEA peuvent être réalisées au début et à la fin d'un projet afin d'évaluer l'impact sur la nourriture, les revenus, les dépenses et les biens des ménages.
  • On utilise souvent à cet effet une HEA « individuelle » (IHEA), qui effectue un suivi de ménages individuels et nécessite un certain degré d'analyse statistique.
  • Il est possible d'utiliser la HEA dans une évaluation même si une enquête de référence n'a pas été réalisée au départ, en collectant des données sur l'année de référence (avant le projet) ainsi que des données sur l'année en cours.   
  • La HEA a été utilisée pour évaluer les programmes de transferts monétaires et pour savoir comment les ménages ont dépensé leur argent, si ces dépenses comprenaient des biens et services destinés aux enfants et un investissement dans le redressement des moyens de subsistance, et quel était le montant des transferts monétaires par rapport à la nourriture et à l'argent que les ménages ont pu se procurer eux-mêmes.